Théâtrophone


Lors de la première Exposition internationale d’électricité qui se tient à Paris en 1881, le théâtrophone obtient un grand succès. Grâce à lui, il sera bientôt possible d’écouter des pièces de théâtre, des concerts ou l’opéra chez soi.

C’est Clément Ader qui en fait la démonstration devant les visiteurs médusés, il relie deux salles du palais de l’industrie équipées d’écouteurs à l’opéra et à la Comédie-Française. Les journalistes de la presse nationale et internationale sont unanimes pour souligner « l’excellence des démonstrations téléphoniques ». Le succès de ces auditions est tel que l’expérience est rééditée lors de l’Exposition universelle de 1889, au pied de la tour Eiffel.

Les démonstrations de théâtrophone lors des expositions de 1881 et 1889 contribuent, en France, à donner une image de luxe et de futilité au téléphone. Cependant, industriels et hommes d’affaires en voient vite l’utilité et ne tardent pas à l’adopter.

Fondée par messieurs Marinovitch et Szarvady, la compagnie dite « du théâtrophone » voit le jour en 1889. Elle perpétue cet engouement en permettant à quelques centaines d’abonnés d’écouter à distance les spectacles. Elle installe des récepteurs publics à encaissement automatique dans les cafés, les cercles et les hôtels. Reliés aux différents théâtres parisiens, ceux-ci permettent d’écouter des spectacles programmés dans les salles de la capitale pour un coût de 50 centimes pour 10 minutes.

Ces transmissions théâtrophoniques connaissent un certain succès. Pourtant, la compagnie disparaît à l’horizon des années 20, étouffée par les droits d’auteur, lourdement taxée par l’administration et menacée par l’arrivée de la radiodiffusion. Le théâtrophone a été l’une des premières applications du téléphone connues du grand public en France.

A propos

objet venant avant : téléphone
objet venant après : radiodiffusion , tsf
inventeur : Clément Ader
date de création : vers 1881
date de désinvestissement : années 1920
largeur : 75 cm
hauteur : 170 cm
profondeur : 75 cm

Bibliographie

  • Bertho Catherine, Télégraphes et téléphones de Valmy au microprocesseur, Libraire Générale Française, 1981, (Le livre de poche), 538p.

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