Société Générale des Téléphones

La Société Générale des Téléphones est officialisée par les assemblées générales extraordinaires des 7 et 30 octobre 1880. Elle provient de la fusion de la Société Française des Téléphones et de la Compagnie des Téléphones, décidée le 16 août 1880.

Elle obtient un monopole de fait pour construire et exploiter en France les réseaux urbains téléphoniques, au moins jusqu’en 1884, date de renouvellement de la concession accordée par l’État.

Elle possède la quasi-totalité des brevets déposés en France dans les domaines de la téléphonie. Pour son réseau de Paris, elle choisit dans un premier temps le système Edison et abandonne le système Gower. Pour ses réseaux de province, elle conserve le transmetteur Crossley.

A partir de 1881, la société travaille avec Clément Ader qui lui donne l’exclusivité de son microphone à charbon extrêmement simple et fiable, inspiré des travaux de John Crossley et une nouvelle gamme d’appareils téléphoniques (•).

En 1884, Alfred berthon, ingénieur en chef de la société, propose un nouveau microphone à grenaille de charbon largement inspiré d’un brevet de Golubitski, racheté par la Société Générale. En associant un récepteur Ader, il crée le premier combiné téléphonique français (•). En remerciement de ses services, il est nommé directeur de la société en 1889.

En 1884, la société bénéficie d’un renouvellement de la concession accordée par le ministre des Postes et Télégraphes pour exploiter les réseaux téléphoniques urbains, mais la concurrence devient rude car le service des Lignes Télégraphiques de l’État se met à construire également des réseaux téléphoniques urbains et des liaisons interurbaines !

nombre d’abonnés fin 1888

  • Paris, 30 septembre 1879
  • Lyon, 15 octobre 1881
  • Bordeaux, 30 juin 1881
  • Marseille, 1er décembre 1880
  • Le Havre, 5 avril 1881
  • Rouen, 5 juillet 1883
  • Nantes, 15 janvier 1881
  • Alger, 26 juillet 1883
  • Calais, 1er juillet 1883
  • Oran, 10 août 1883
  • Saint-Etienne, 1er octobre 1885
  1. 6 120
  2. 965
  3. 431
  4. 421
  5. 271
  6. 148
  7. 113
  8. 92
  9. 58
  10. 36
  11. 105

En 1889 (•), le téléphone est nationalisé et l’État rachète à la Société Générale l’ensemble de ses réseaux. Elle se recentre alors sur la construction d’appareils téléphoniques et de câbles. Elle se transforme en 1894 en Société Industrielle des Téléphones.

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 source

  • Frédéric Nibart, La Société Générale des Téléphones, 2010, Angers