Ducretet Eugène

Eugène Ducretet est né à Paris le 27 novembre 1844. Etant d’une famille modeste, il commence à travailler très jeune pour le constructeur Paul-Gustave Froment. Comme il a le goût pour les études, il suit les cours libres de la Sorbonne puis ceux du Collège de France.

A l’âge de 20 ans, sans appuis financiers et sans diplômes universitaires, il fonde la « société Ducretet et Cie, construction d’instruments pour les sciences », avec un seul ouvrier.

Il commence par travailler pour plusieurs savants notamment Almeida et Bertin pour qui il réalise de nombreux appareils scientifiques d’enseignement et de recherche.
Il se spécialise alors dans la construction d’appareils pour les cabinets de physique, les laboratoires des écoles et des collèges et les universités de Paris. En 1875, il met au point un Rhéotome liquide à direction constante. A partir de 1878, il participe à toutes les expositions universelles et internationales où il est très souvent récompensé par une médaille d’or.
En 1879, il invente une nouvelle lampe électrique à colonne de mercure et un poste téléphonique complet (•).

En 1880, il rencontre Paul Bert et Arsène d’Arsonval et construit leurs premiers téléphones expérimentaux.
En 1881, il construit avec Marcel Deprez des interrupteurs pour bobine d’induction et, en 1883, un galvanomètre universel.
En 1885, il emploie 50 ouvriers et reçoit la Légion d’honneur de la main du directeur du Conservatoire des arts et métiers pour ses travaux.
Il écrit alors à la Chancellerie : « La haute Distinction que je viens d’obtenir me fait un devoir de persévérer dans la voie que j’ai suivie depuis vingt-deux ans et de redoubler d’efforts pour tenir toujours ma maison au niveau des progrès de la science en construisant des instruments qui défient, par leur perfection, la concurrence étrangère ».
En 1886, il invente un appareil pour la vérification des amorces électriques, un trembleur pour bobines de Ruhmkorff en 1889 et un combinateur pour les signaux électriques utilisés en marine en 1891. En 1892, il fonde une nouvelle société « Ducretet et Lejeune, fabricants d’instruments de précision ». Il travaille à nouveau avec d’Arsonval sur les applications pratiques de la haute fréquence en matière médicale.
Il s’intéresse ensuite à la télégraphie sans fil et fait ses premiers essais, en 1897, entre la rue Claude Bernard et le Panthéon (•).

Le 5 novembre 1898, il réalise la première expérience publique entre la grande galerie du Panthéon et le 3e étage de la Tour Eiffel où se trouve son collaborateur, l’ingénieur Ernest Roger.
Ne trouvant pas de ressources en France pour continuer ses recherches, il abandonne peu à peu ce domaine.
En 1902, il dépose un brevet avec R. Gaillard pour un « microphone pour forts courants » (•). Il est spécialement conçu pour les grandes distances.

Il propose alors à la Marine un appareillage complet pour petites distances, à l’usage des forteresses, mines et services intérieurs, et pour grandes distances, au service des communications entre les forteresses entre elles et les postes de côte (•).

Il continue à travailler pour améliorer les communications : la télégraphie par le sol en 1902, le microphone sous-marin, la première transmission de signaux hertziens horaires avec Bigordon en 1904, la première liaison radiotéléphonique avec Lee de Forest en 1908, un compas radioélectrique azimutal en 1910. Eugène Ducretet décède en 1915.

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source

  • Frédéric Nibart, Trésors du Musée des arts et métiers, 2013, Angers